Their Destiny - FIRST PART

Their Destiny - FIRST PART



BLOG ARRETE
STORIE EN PAUSE


SINCEREMENT DESOLE
CHOU'


Je ne vais pas vous mentir. Cela n'a rien avoir avec le fait que je n'ai plus l'inspiration, que je n'aime plus cette histoire, au contraire. C'est juste que ... les stories et moi c'est fini en tout cas sur un blog. C'est trop prenant et j'ai d'autres projets pour cette histoire en tête. Je compte l'améliorer pour en faire un roman et je veux m'y mettre dessus à fond. Peut être un livre un jour ...
J'ai déjà amélioré les deux premiers chapitres et je suis déjà assez fière de mon travail. Peut être serez vous déçus ou en colère mais cela ne changera strictement rien à ma décision prise aujourd'hui.
Si certaines personnes désirent avoir la fin, envoyez moi un message avec votre adresse mail je vous l'enverrai dès qu'elle sera fini.
Encore désolé.
Merci pour votre fidélité et tous ses commentaires qui m'ont permis d'avancer.
Chou'


PS : Je voudrais aussi vous conseiller un livre qui me tiens à coeur. Ma bible. Mon livre favori. Je l'ai lu des dizaines de fois mais je ne m'en passe toujours pas. C'est en quelque sorte ma source d'inspiration mais aussi la plus belle histoire d'amour jamais lu. Je voudrais remercier Stephenie Meyer, l'auteur pour nous faire partager ce plaisir intense à chaque page.
Lisez FASCINATION de Stephenie Meyer. Et si vous aimez lisez la suite ... TENTATION et HESITATION.
LISEZ LES.


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PRIEZ POUR ELLE

# Posté le mardi 22 janvier 2008 15:22

Modifié le dimanche 22 juin 2008 08:06

1. Journal de Théa'

1. Journal de Théa'
1. My name is Theadora
JOURNAL DE THEADORA
Lundi 28 Février 2008
«Ce qui est passé à fui, ce que tu espères est absent; mais le présent est à toi.»



«Imaginez une vie banale. Imaginez une jeune fille, 17 ans qui souhaitait tout sauf cette platitude qui faisait partie de sa vie. Cette platitude ancré en elle. Imaginez votre destin. Déjà tracé. Déjà écrit. Imaginez maintenant le sien. A elle. Elle était persuadée, contrairement à vous, que les pages étaient encore à écrire. Encore vide. Imaginez qu'elle se trompe. Imaginez. Cela signifierait donc que son destin était déjà tracé. Tracé depuis sa naissance. Comme pour nous tous. Ce mot, en lequel elle mettait tant d'espoir, tant d'acharnement, n'exprimait rien pour la plupart des personnes dans ce monde. Ce n'était que superstition. Que mensonge. Ce n'était qu'un simple mot. Pas pour elle. Elle était persuadée qu'il fallait y croire. Qu'il fallait y croire pour obtenir quelque chose. Qu'il fallait y croire pour réussir sa vie. Que sans destin, ni sans foi nous n'existerions pas. Cette jeune fille avait sa propre vision. Mais qui c'est peut être que finalement elle avait raison ... Peut être.»
Théadora McAdams. Pseudonyme curieux que ma mère avait osé m'attribuer le jour de ma naissance. Depuis cette époque où je n'étais qu'un bébé et où je n'avais donc pas eu la capacité de me rebeller contre ces idées à la fois déconcertantes et farfelues je m'étais promise de lui en vouloir toute ma vie. De lui en vouloir toute ma vie pour avoir osé coller le prénom de Théadora sur mon front.
Elle m'avait eu à 25 ans, enceinte de moi elle était passé dans une période «je suis différente des autres» et voulait absolument trouver un patronyme que personne d'autre n'avait sur cette planète. C'était réussi. Du haut de mes dix sept ans je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui avait le même que moi. Et j'avoue que si j'avais un jour la possibilité de changer je le ferais avec plaisir. Théadora, c'est bien trop extravagant pour moi. Malgré que les trois quarts des personnes me répète que ce prénom me va absolument à merveille, je n'étais toujours pas convaincue. Je n'ai jamais compris quand on me disait cela ... Comment un prénom peut aller à merveille à quelqu'un ? Comme si il fallait avoir une tête spéciale pour s'appeler Théadora. Si il fallait être conne, timide et moche et bien c'était affreusement parfait.

Aujourd'hui, débute ce journal ou carnet comme j'aime l'appeler. La première page est entamée et cela ne fais que commencer... Vous allez vous dire pourquoi écrit –elle sa vie affreusement banale dans un journal ? Pourquoi souhaite t-elle nous la partager ? Eh bien, je dois vous dire que vous vous trompez. Non. Ma vie n'est pas si banale que ça. En tout cas, elle l'était mais elle ne l'ai plus.
Le destin est présent. Il est là. Je crois au destin. Et au miracle.
Et je crois que le destin peut faire des miracles.
Croyez en vos rêves. Même les plus fous car ils peuvent toujours se réaliser un jour. La preuve ...

Aujourd'hui commence enfin ma vraie vie. Les dix sept ans passé n'en était pas vraiment une. Personne n'a constaté mon existence jusqu'ici tant je suis invisible partout où je passe. Parfois, une question se pose. Suis – je réellement invisible aux yeux des autres ou le suis-je de mon propre gré, par envie, par conviction ? Je suis souvent qualifiée de jeune fille craintive et complexée qui déteste se retrouver dans une situation totalement embarrassante. Je suis aussi le genre de fille qui n'a aucun succès avec les garçons ou en tout cas qui n'a jamais essayé d'en avoir même maintenant. Donc, en règle général, j'évite autant que possible de me faire remarquer en me faisant discrète jour après jour, de plus en plus.
Mais parfois j'aimerai qu'on me remarque, qu'on me sourit, qu'on me complimente ou qu'on cherche à me connaître pour moi. Pour ce que je suis vraiment. A l'intérieur et non pas pour mon apparence. Cela n'arrive jamais ... Malheureusement.
L'amitié est quelque chose d'important et je suis fière de dire que Lyse Roller est ma meilleure amie. Notre amitié dure depuis maintenant sept ans et je sais que je peux toujours compter sur elle quand j'en ai besoin malgré que nous soyons totalement différente. C'est vrai, nos caractères sont carrément opposés. D'ailleurs, de nombreuses personnes sont assez étonnées quand ils voient que notre amitié est toujours aussi forte après une durée de sept ans. On peut dire que nous nous complétons parfaitement. Superbe matching.
Lyse c'est la fille sociable et souriante à longueur de temps. Elle est toujours de bonne humeur. Mais il n'y a pas que ça qui est parfait chez elle. Elle est aussi horriblement belle. Bref, les garçons ne regardent qu'elle quand nous sommes toutes les deux. Je me suis faite à cette idée même si parfois j'avoue que cela me dérange affreusement. Jamais un seul garçon n'a posé le regard sur moi ou si il l'a fait ce n'était que pour me ridiculiser.
Moi, je suis plutôt petite, brune aux yeux marrons et bien trop mince. Banale quoi. Je suis la plus discrète et j'ai le prix de mademoiselle invisible. C'est pathétique mais pourtant c'est la vérité.

Assez parlé du passé. Ma mère m'a toujours répété de profiter du présent car chaque moment même les plus durs sont uniques et elle n'a pas tout à fait tord. La vie est tellement courte. Trop courte. Chaque jour est une nouvelle page vierge. Chaque jour est une nouvelle expérience.
J'espère seulement qu'il y a une continuation après notre mort à tous pour que nous ayons une chance de les finir si nous n'avons pas tout écrit. Si nous désirons ajouter certaines choses auquel nous n'avions pas pensé. Malheureusement nous ne savons pas ce qui nous attend dans l'au-delà.
Alors moi, je vais remplir ces pages à partir de maintenant.

Tout à commencer aujourd'hui. Aujourd'hui qui était censée être une journée totalement banale. Une nouvelle journée ennuyeuse. Mais je me suis trompée...
Lisez et découvrez.


Ce matin, la sonnerie si au combien habituelle et au combien énervante de mon réveil me tira du sommeil. Mon bras sortit de la couverture pour chercher à tâtons le bouton qui mettrais fin à ma souffrance. Je poussais un grognement et ouvris les yeux. Les chiffres «6h50» dansaient devant moi d'une couleur jaune pâle. Et je poussai un faible soupir résigné à travers l'épaisseur de mon oreiller
Aujourd'hui nous étions Lundi matin. Début de la semaine. Lundi signifiait donc jour de lycée et j'aurais absolument tout donné pour pouvoir rester dans mon lit plutôt que d'y aller. Je sortis de sous la couette avec difficulté et me dirigeai vers la salle de bains à l'aveuglette. J'appuyai sur l'interrupteur et la lumière me piqua les yeux. Lorsque ils s'habituèrent enfin j'osais un rapide coup d'½il vers le miroir qui se trouvait juste en face de moi.
Je n'étais certes pas le genre de fille qui prend vraiment soin d'elle, je m'en fichait si les couleurs de mes vêtements ne s'accordent pas correctement ou si ce que je portait n'est pas à la mode. J'étais tout sauf superficielle et je détestait toutes ces filles qui te jaugeaient d'un regard supérieur quand tu ne portais pas un truc «stylé» ou à la limite de la mode. Je vous avoue que le matin je ne réfléchissais pas du tout à ce que j'allais porter, je prenais la première chose qui me venait sous la main. Parfois j'étais chanceuse. D'autre fois moins mais cela m'importait peu. Je plaignais surtout toutes ses filles qui réfléchissaient déjà le soir la veille à ce qu'elle désirait porter et sentait obliger de se faire un mini défilé personnelle pour trouver le parfait t-shirt qui rendra jalouse toutes les filles.
L'apparence n'était pas le plus important pour moi ou en tout cas il se plaçait en seconde place dans ma liste mais j'avais tout de même dix sept ans, j'étais en pleine adolescence et qui dieu sait ce que c'est. En voyant ma tête ce matin-là je me dis aussitôt que je ne pouvais pas sortir comme ça.
Tout en moi était abominable. De la couleur de mes cheveux à la petitesse de mes yeux après une courte nuit de sommeil. J'essayai en vain d'y remédier sans succès ne voulant pas empirer le désastre et laissa tomber après trente minutes de bataille acharnée m'habillant en vitesse d'un jean et d'un top rose sans importance.
Je descendis les escaliers à toute vitesse mon sac à la main, ma veste sur le dos. J'accourus dans la cuisine et attrapa un bol et du lait dans le réfrigérateur. La pièce était déserte mais cela ne m'impressionnait pas. Ma mère avait sûrement dû partir au boulot il y a déjà plus d'une heure. En ce moment, elle y passait sa vie entière, jour et nuit même le weekend. Je pense que c'est pour combler ce sentiment de solitude, ce vide qui est en elle. Je ne lui en veux pas. J'arrive à voir sa souffrance dans ses yeux malgré son sourire qui semble toujours gravé sur son visage. Je sais que Papa lui manque terriblement depuis son départ il y a sept ans. Elle n'en parle jamais mais je la connais. De toute façon, je commençais à prendre l'habitude de m'occuper toute seule de moi-même et de ne pas l'attendre à chaque fois pour dîner. J'étais quelqu'un d'assez indépendant de nature. Fort heureusement. Sinon je ne sais pas comment je ferais pour m'en sortir seule. Mon portable sonna alors que je m'assis à la table. Je le sortis de ma poche et appuya sur l'icône «nouveau message».
"Théa' t'a intérêt à te grouillé !
On é dja pa en avance !
Bsxxx
Lysou'»
Lyse. Ma meilleure amie. C'est elle qui me prenait chaque matin devant chez moi avec sa magnifique décapotable rose qui avait ce don t'attirer le regard de tous les mecs du quartier. Pour sûr, elle ne passait pas inaperçu. Je me rappellerais toujours de la foi où elle l'avait acheté il y a maintenant un an lorsqu'elle avait eu son permis de conduire. Dès que son regard avait croisé cette voiture d'occasion elle avait flashé. Le coup de foudre immédiat. Elle avait toujours eu des goûts un peu «hors du commun» pour ce genre de truc. Elle aimait les choses spéciales que personne n'oserait porter. De ce côté-là, elle était totalement unique, il faut l'avouer. Je pense que c'est ce petit brin de malice qui plaisait à tous ses garçons avec qui elle est restait. Et je vous assure il y en a un paquet. Il faut dire que peu de gens se baladent avec une décapotable rose à l'intérieur du lycée. Lyse est la seule. Mais elle restait tout de même une pompom girl ...
Moi, je n'ai pas encore de voiture c'est d'ailleurs pour cette majeure raison qu'elle me prend chaque matin et me ramène chaque soir. Ma mère maniaque comme elle ait ne voulait pas que j'en ais une avant mon dix-huitième anniversaire. Elle avait trop peur que j'ai un accident en rentrant de l'école et puis ça lui permettait de dépenser moins d'argent. Ça se voit qu'elle ne m'a jamais vu au volant ou en tout cas pas assez.
Je suis la personne la plus lente au monde. Une vraie peureuse. Je sursaute au moindre klaxon, au moindre freinage. C'est pire encore quand je suis sur le siège passager. D'ailleurs, Lyse a horreur de m'avoir à ses côtés car je panique toujours pour rien. En même temps vu l'allure à laquelle elle roule. Le moniteur devait être distrais par autre chose chez elle de bien plus intéressant que sa façon de conduire. C'est la seule raison valable que j'ai trouvé pour qu'il accepte de valider son permis. Ma meilleure amie, sans être méchante, était vraiment la pire conductrice de L.A. Je me demande parfois pourquoi j'accepte de faire le trajet avec elle. En tout cas, il est tant que je m'endurcisse un peu.
Son message me fit sourire. En sept ans elle n'avait jamais eu aucune patience avec moi ou qui que ce soit. Je décidai alors de ne pas la faire attendre plus longtemps. J'enfilai ma veste, attrapa mon sac et passa la porte que je refermais consciencieusement derrière moi à double tour.
Lyse klaxonna deux fois. Je sautais par dessus la portière de la voiture et la regarda lui faisant mon plus beau sourire. J'espérai surtout qu'elle me pardonne de mon retard. Je pense que cela ne sera pas bien difficile ...
«Salut Lyse !
Ahh bah enfin ! Mademoiselle a décidé de sortir de sa tanière.»
Elle me fixa les lèvres pincées mais je vit des étincelles dans son regard. Elle ne m'en voulait pas. C'est fou ce que je pouvais être jalouse de ces magnifiques yeux bleus et de ses longs cheveux blonds. Je me sentais tellement ... banale à ses côtés. J'haussai les épaules et lui montra une de mes mèches de cheveux tout en faisant la grimace.
«Désolé, j'avais vraiment besoin de m'arranger ce matin. Une véritable horreur.»
Elle rit tout en mettant le courant.
«Rooh mais Théadora tu es très bien comme tu es. Et puis heureusement qu'il existe quelque chose que l'on appelle la beauté intérieure. Sans ça tu serais foutue !» Elle me remarqua d'un oeil complice, je ris à sa remarque. «Mais pour qui voulais-tu te faire belle ainsi ?
- Devine ! Pour Aaron Beecker, tiens ... !» répliquai-je innocemment.
Aaron Beecker. La crème de la crème. L'homme parfait. LE dieu vivant. Si un jour j'avais la possibilité de me marier avec lui je sauterais sur l'occasion à la première seconde. L'avoir comme mari sa doit être ... fabuleux. Rien qu'à l'idée j'en frisonne de plaisir. J'ai déjà cette réaction quand je vois une photo de lui. Mais, il y a tout de même un léger problème. Aaron est une star internationale. Chanteur, acteur ... Il est réclamé dans le monde entier par les plus grands producteurs et je suis certaine qu'il doit avoir un million de filles à ses pieds. A chaque fois je prends un nouveau coin de rue à Los Angeles, je rencontre son regard bleutée sur la une d'un magazine et je ne peux m'empêcher de fixer son sourire ravageur et ses parfaites dents blanches.
De plus, malgré qu'il soit affreusement beau, il est bien possible que ce soit encore un de ses connards qui ne pensent qu'au sexe et qui n'ont aucun respect envers les filles. Comme ma mère me l'a souvent répété je ne le connais pas vraiment et je ne le connaitrai jamais. Il s'ajoute donc à mes rêves les plus fous.
Bon, dieu il commencé sérieusement à en avoir un sacré paquet!
Lyse haussa les sourcils pas le moins intriguée du monde, elle savait très bien ce que je ressentais pour Aaron même si je ne le connaissais pas. Elle savait très bien comment je pouvais le trouver absolument parfait. Elle, elle s'en foutait. D'ailleurs je lui en parlais tellement souvent qu'elle finissait par connaître sa vie entière sans vraiment le vouloir. Je me demande parfois comment elle fait pour me supporter. C'est vraiment plus fort que moi en tout cas je ne fais certainement pas exprès c'est juste que ... quand je commence à parler de lui je ne peux plus m'arrêter. Je sors un flot de paroles. J'avais tellement de choses à dire sur lui. Après tout elle avait quand même un minimum de patience puisqu'elle arrivait à rester avec moi la plupart du temps.
Après dix minutes de voitures, nous arrivâmes au lycée alors que la cloche venait juste de sonner. Lyse et moi sommes dans la même classe pour certaines matières. Dont l'Anglais d'ailleurs. Matière que nous avions à ce moment même de la matinée et il valait mieux ne pas arriver trop en retard car avec M. Felton ce n'était certainement pas la joie.
Pire que lui c'était impossible ... Avec lui on était forcer d'haîr l'Anglais avant la fin du semestre. Pour moi c'était déjà fait. D'habitude c'était ma matière préférée. Mais j'ai rapidement changé d'avis.
La matinée défila. Longue et ennuyeuse. Les cours se succédèrent un à un sans jamais s'arrêter. Je crus que je ne verrai jamais l'heure du repas.
Mais heureusement j'avais Aaron pour occuper toutes mes pensées ...



«Au même moment, quelque part au fin fond des États-Unis d'Amérique, un jeune homme avait rendez-vous pour une séance d'autographe exclusive pour son tout nouveau film et il était déjà bien en retard. Or, il avait toujours appris que dans le monde du showbiz, on ne faisait jamais attendre ses fans.

Il quitta son hôtel où il résidait durant son court séjour ici et décida de traverser la rue très encombrée à cette heure tardive pour rejoindre son taxi. Alors qu'il s'apprêtait à traverser son portable sonna. Il chercha dans sa poche durant quelques secondes et en sortit un Iphone neuf qu'il colla à son oreille.

? : Allô ?
? : ...
? : Oui Kent. J'arrive. Désolé je suis un peu en retard il y a eu quelques complications à l'hôtel.
? : ...
? : Tout le monde m'attend ?! Merde ! Je suis vraiment désolé. Je vais faire le plus vite possible. Oui. Oui. D'accord.

Tout en continuant de parler, le jeune homme entreprit de traverser l'avenue se faufilant avec lenteur entre les voitures. Il était distrait par sa conversation téléphonique. Et là ... Ce n'était pas de sa faute. Il aurait suffit d'une seconde. Une seconde. Et peut être aurait-il vu ce camion. Ce camion bleu et blanc. Énorme. Imposant. Ce camion qui allait beaucoup trop vite et qui lui fonçait droit dessus sans s'arrêter. Sans regarder. Inconscient de cette être vivant qu'il risquait d'écraser. Inconscient des conséquences.
Le jeune homme n'eut que le temps de tourner la tête lorsqu'il raccrocha, interloqué par le bruit, pour le voir arriver droit sur lui. Et là, le trou noir. Le vide.

Les Urgences. Au fond une lumière. Il se bat. Bat de toute ses forces contre ce trou noir, contre ce tunnel qui l'emporte peu à peu. C'est sa vie qui est en jeu. Sa carrière. Il ne peux pas laisser tomber. Pas maintenant. Il était jeune. En pleine forme. Pourquoi lui ? Pourquoi aujourd'hui ? Était-ce Dieu qui en avait décidé ainsi ? Avait-il été choisi ? Il pria. Jura. Parla. Mais personne ne l'entendait. Parfois, il se disait que de se laisser aller serait sans toute plus facile. De se laisser entraîner vers cette lumière si attirante. Si lumineuse. De tout laisser tomber. Qui c'est peut être la mort est ce agréable. Peut être est-ce mieux que de vivre. Personne ne sait et il allait rapidement le découvrir ...

Découragé, il se laissa emporter ... Car pour lui c'était fini. Fini.
Il rendit son dernier souffle et s'endormit pour toujours ... Il partit. Partit là où le bonheur est éternel. Et là on est sûr de vivre heureux à jamais.

? : Heure du décès : 13 h 58

C'est là que commence la véritable histoire. L'Histoire avec un grand H.
Là où se trouve ce que l'on appelle le destin. Leur destin. A lui. A elle. Qui en a décidé ainsi ? Personne ne saura jamais. Même pas Dieu. Personne.
Ce jeune homme était bien trop jeune pour mourir. Et pourtant le destin en avait décidé autrement. Pourquoi ? La réponse sera bientôt découverte ...»


12h00. Le moment du repas. C'était à la fois celui que j'attendais le plus dans la journée et celui que je redoutais. C'était mon moment de délivrance entre cinq heures de cours, le moment où je pouvais enfin me poser pour penser à ce que je désirais et manger ou à la limite discuter si l'envie m'en prenait. Je n'étais pas la plus bavarde qui soit peut être exceptée avec Lyse. C'était la seule à qui je parlais vraiment. A qui je savais quoi dire, je n'avais pas besoin de réfléchir pour que les mots sortent d'eux-même. Les autres ... Je ne savais jamais quoi leur dire la plupart du temps. Alors je me taisais. Je me taisais et fixais stupidement mon assiette à moitié pleine. Le repas c'était aussi le moment que je redoutais le plus car c'était vraiment le seul moment de la journée où je pouvais me faire sérieusement remarquer par tout le monde. Quand je dis tout le monde. C'est tout le monde. Le lycée entier se trouvait chaque midi dans la cafétéria et j'avais constamment peur depuis quatre ans de faire un faux pas, de trébucher, de renverser mon plateau sur quelqu'un ou pire sur moi. Il y avait milles et une raison qui pourrait me ridiculiser et je ne préférais même pas les chercher.
Aujourd'hui j'avais opté pour des frites et un soda ainsi c'était beaucoup moins risqué. De plus, je n'avais pas un énorme appétit. Tout le monde me croyait anorexique vu la minceur de mes jambes, de l'inexistence de mes hanches et de ma poitrine et je comprenais leur étonnement. Mais c'était tout simplement ma morphologie. Je n'y pouvais absolument rien. J'étais faite ainsi. Et j'avais beau manger n'importe quoi parfois je ne prenais pas un gramme. Un coup de chance. Mais je me doutais que cela allait se répercuter dans le futur. Un jour ou l'autre j'allais prendre du poids et j'allais devoir faire terriblement attention. Tout comme ma mère. Elle m'avait déjà raconté qu'elle avait été exactement comme moi plus jeune mais au fur et à mesure, elle avait pris des tailles et du poids. Maintenant elle avait de généreuses formes . Ce qui lui donnait un certain charme malgré tout.
Je parcourais la salle, anxieuse de ne trouver personne avec qui m'installait. Ce fut le cas. Je me rappelai soudainement que Lyse avait un entretien privé de pompom girl, elle m'en avait parlé ce matin même, elle ne pouvait donc pas manger avec moi. Je soupirais, déçue et avançait jusqu'au fond où une table m'attendait, vide. Comme dans tous les lycées américains chaque personne avait sa bande. Cela allait des poms poms girls, aux basketteurs, aux intellos et aux fous des échecs. Moi j'avoue je ne saurais pas dans quelles bandes me plaçait ... Peut être celle des tordus. A vous de me le dire.
Mais je pense que j'étais tout simplement implacable. Je n'avais pas vraiment de bande.
J'étais une originale, une invisible même les plus célèbres du lycées remarquaient plus les intellos que moi. C'est à se poser des questions ...
Je me posai à la table et sortis un magazine de mon sac pour m'occuper. Je n'avais certainement pas envie de rester là à rien faire, seule et être certifiée comme la plus paumée du lycée. Au moins, j'avais un intérêt, j'étais occupée pour un certain moment. Je l'ouvris directement à la page où il parlait d'Aaron Beecker. Rien d'autre ne m'intéressait sauf lui. Pour vous expliquer il est un peu comme ma raison de vivre. Tout tourne autour de lui. Je ne vis que pour lui. Lyse me disait que j'étais totalement folle. Et elle n'était pas la seule à me le reprocher ...
Alors que je me concentrai sur une interview en exclusivité de lui j'entendis quelqu'un s'asseoir en face de moi.
C'était Samantha, Danielle et Jori. Je levai la tête vers elle et leur offris un minuscule sourire avant de replonger dans ma lecture, captivée. Elles me saluèrent d'un «bonjour» totalement dénuée d'enthousiasme. C'était mes amies ou plutôt les amies de Lyse ce qui se rapprochait un peu plus de la vérité. Je pense qu'elles restaient avec moi spécialement pour elle et non parce qu'elles m'aimaient bien. Au contraire. Je crois même qu'elles ne pouvaient pas me supporter spécialement Samantha. Cette grande et fausse blonde. Je n'ai jamais compris pourquoi elle ne m'aimait pas. Je ne lui avais pourtant rien fait. Mais j'avoue que cela m'importait peu. On était totalement différente. Vraiment différente. Pas du tout les mêmes centres d'intérêts. Elles étaient déjà toutes les trois des pompomgirls comme Lyse et tout ce qui pouvait les intéresser c'était les garçons et le maquillage. Palpitant.
Elles entamèrent toutes les trois leur petite discussion et je n'y prêtais qu'une oreille préférant parcourir la page de mon magazine du regard. Ce fut qu'au bout d'une bonne dizaine de minutes qu'elles prirent enfin connaissance de ma malheureuse existence. Danielle me parla de son affreux accent texan. Je fixais ses lèvres refaites avec horreur.
«Qu'est ce que tu lis Théadora ?»
Je leur tendis l'article et leur montra une photo de Aaron, un énorme sourire sur le visage. Lorsqu'une conversation débutait sur lui j'étais obligée d'y participer. Toutefois, je fis attention de garder un ton détaché dans ma réponse.
«Oh, juste un article sur Aaron Beecker! Tu connais ? Je le trouve sympa cet acteur et puis quand même assez mignon.»
Je vis les lèvres de Samantha bouger avec horreur. Danielle me renvoya le magazine d'un air ennuyé. Jori elle était bien trop occupée par son vernis pour me prêter attention. Ces filles, décidément, étaient extrêmement intéressante.
«Aaron Beecker ? ,rétorqua Samantha, Encore ! Sérieusement Théa' je veux pas être méchante mais ne te fais pas d'illusions tu n'as aucune chance de le rencontrer et encore moins de sortir avec lui. Il s'intéresse aux vrais filles, lui. Alors arrête un peu de fantasmer et occupe toi plutôt de ta réputation dans ce lycée qui est sérieusement en train de baisser, heureusement que j'suis toujours là pour rattraper tes conneries d'ailleurs. Tu pourrais au moins me dire merci de temps en temps.»
Je n'avais pas réagi toute de suite à l'effet de ses paroles. Je la fixais bouche bée incapable de prononcer un mot. Je me rappelle encore comment j'avais bouillonné de rage à sa réplique mais je m'étais retenue de lui écraser sa face de blonde pétasse mal arrangé. Elle rit à ma réaction et les deux autres glandues la suivirent.
«C'est bien ce que je me disais ... Même pas foutue de me dire merci vraiment c'est pathétique.»
Je préférai ne rien répondre, je lui jetais un regard noir, pris mon plateau et partis mon magazine sous le bras. Quelles connasses ces filles ... Mais, mais ... Comment osait -elle ? Comment pouvait -on être aussi antipathique ?
Le pire dans tout ça c'est que tout ce qu'elle disait été vrai même si ça faisait mal, même si c'était méchant, c'était vrai. Comme on dit souvent il n'y a que la vérité qui blesse. Comment pouvait-elle avoir avoir raison ? Comment trouvait-elle les mots pour toucher les points sensibles. Car c'est ce qu'elle avait fait ... Aaron, ma réputation ... Cette fille. Cette Samantha c'était une vraie garce. Une vraie.
Comment Lyse faisait -elle pour la supporter ? Elle n'avait absolument mais absolument rien en commun toutes les deux. Ou alors peut être Lyse était-elle différente avec elle. Peut être était-elle exactement comme Samantha en réalité. J'espérais que non. J'espérais vraiment que non. Ce n'était pas son genre. Malheureusement, on ne connais jamais vraiment ce que pense les gens. On ne saura jamais ce qu'ils ont vraiment derrière la tête.
Après avoir jeté la moitié de mes frites dans la poubelle, je sortis de la cafétéria à grandes enjambées, furieuse. J'étais du genre à m'enflammer facilement mais là la rage m'avait cloué sur place.De plus, je n'aurais rien trouvé de correct à répondre puisque tout ce qu'elle a dit été la vérité. Je me dirigeai vers mon casier, pressée. Je composai le code, ouvrit la porte et jeta le magazine à l'intérieur en me disant que Aaron était peut être la cause de tous mes malheurs. Je ne le connaissais même pas et je ne vivais que pour lui. Il fallait que j'arrête. Que j'arrête et que je me concentre sur moi. Que je me préoccupe un peu de mon existence. Et surtout il fallait que je l'oublie. Je sais que cela semble stupide mais ce sera bien trop dur ... Qu'est ce que je pouvait être pathétique parfois. Ce n'était qu'un fantasme. Une star. Une icône. Certes, il était réel mais il ne connaissait même pas mon existence. Il fallait donc que je le raye définitivement de ma vie en commençant par jeter à la poubelle ce foutu magazine.
Je malaxais mes tempes de mes deux mains en tentant en vain de me calmer. Mais cela n'avait pas vraiment l'effet désiré. Alors que je me cognais le front contre le casier je sentis une main me tapotait l'épaule doucement et quelqu'un toussotait derrière moi. Qui que ce soit je n'étais pas d'humeur au bavardage. Il ferait mieux de déguerpir et vite ...
Je me retournai, en rogne et croisa le regard de Craig. Craig Edwards. Mon humeur furibonde s'envola aussi vite qu'elle était venue et je lui fis un sourire timide. Il s'adossa aux casier et prit une position détendue. Mais tout dans son regard me disait qu'il était stressé. J'avais ce don de lire les sentiments des gens dans leur yeux, j'avoue que peu de personne ne savait le faire. Et parfois cela devenait un véritable avantage. Craig me sourit et ma salua.
«Salut Théadora !
Oh salut Craig ...
Sa ne va pas ?
Je leva le visage vers lui et le regarda d'un air interrogatif. Comment pouvait-il le voir aussi facilement ? Étais-je si facile à lire que ça moi aussi ? Parfois, j'avais vraiment l'impression d'être un livre ouvert et que tout le monde pouvait en tourner les pages. La preuve, même Samantha connaissait mes points faibles et ce n'était pas la plus intelligente du lycée, de loin. Je décidai de répondre par la feinte espérant qu'il ne découvrirait pas mon jeu.
« Si, si ... Très bien. Qu'est ce qui te fais dire ça ?
Je ne sais pas ... ,dit-il en haussant les épaules, tu m'a tout simplement l'air énervé ... C'était juste une impression.
Ah ... et bien ton impression s'est révélée être fausse. Je me porte à merveille.»
Je lui souris, il me le rendit. Je me demandais ce qu'il pouvait bien me vouloir et j'espérais qu'il aille droit au but car je n'allais pas attendre une éternité surtout qu'au bout d'un moment la conversation allait devenir banale et ennuyeuse. Il me fallait peu de temps pour ne plus savoir quoi dire. Il sembla le comprendre car il recommença à parler après quelques secondes de silence.
«Je venais juste te voir pour ... pour te demander quelque chose tu vois?
Je t'écoute ... répondis-je m'attendant au pire. Je le fixais dans les yeux, il semblait de plus en plus stressé.
Eh bien ... je sais que tu as plusieurs fois refusé mais sa fais longtemps que je ne t'ai pas reposé la question alors je vais tenter le coup ...
J'attendis ... Il marqua une pause. Mais qu'est ce qu'il voulait bien me demander ? J'haussais un sourcil, les bras croisés manquant de m'énerver pour cause de totale impatience.
« Accepterais-tu de venir au cinéma avec moi? Juste une sortie entre amis si tu veux. Rien de plus.»
J'avoue que je ne m'étais pas attendue à ... ça. Mais pas du tout. Soudain, ses propositions passées me revinrent en mémoire et il est vrai que j'avais toujours refusé. Combien de fois m'avait -il demandé ? Une bonne dizaine de fois sans doute. Je me demandais vraiment pourquoi il s'accrochait avec autant d'ardeur, je n'avais vraiment rien d'intéressant. Craig faisait parti des "intellos" du lycée et cela faisait un certain temps qu'il m'invitait et que je me dérobais prétextant une excuse. J'avoue que je m'en voulais de refuser à chaque fois ses propositions mais je n'avais pas vraiment envie d'aller au ciné surtout avec lui. Même si il était adorable et super gentil, je me voyais et encore maintenant, mal sortir avec lui. Rien qu'à l'idée de sentir sa langue dans ma bouche me donnait des frissons d'horreur ... Sans être vulgaire.
Je me rappelai soudain de ma promesse d' il y a quelques minutes seulement. Me préoccuper un peu de moi. Cela voulait dire profiter et certainement m'amuser ... Surtout passer du bon temps sans réfléchir au conséquences. Je me dis alors qu'un ciné ne me ferait pas de mal au contraire. Même si Craig n'était pas l'homme parfait, ni l'homme de ma vie je pouvais bien pour une fois lui accorder sa chance ... On verra si cela fonctionne ou pas entre nous même si je n'étais pas très chaude à l'idée. En plus, j'en avais marre de lui trouver des excuses, je n'en avais même plus sous la main tellement j'avais abusé de mon «imagination débordante».
Je le regardais, de nouveau. En voyant mon expression soucieuse, il semblait alors hésiter.
«Tu sais ... si tu ne veux pas venir ... Ne te force surtout pas. C'est pas grave. Je commence à avoir l'habitude.
Eh bien ...»
Il haussa un sourcil, me fixait attendant ma réponse. Je me mordis la langue et cracha tout d'un coup.
«J'accepte de venir au cinéma avec toi.
Quoi ?
J'accepte !»
Je le vis. Rayonnant de joie. Je crois que je ne l'avais jamais vu aussi heureux. Si il n'y avait que ça pour lui faire plaisir ... Tant mieux. Mais j'avais une impression au fond de moi. Cette impression que j'allais rapidement le regretter et que je ferais mieux de tout annuler maintenant. Mais j'étais trop gentille. J'en étais incapable. Incapable rien que par l'expression s'affichant sur son visage. Je ne voulais surtout pas venir troubler son bonheur. Ce serait sadique, mesquin. Tout ce que je n'étais pas. Décidément, j'étais trop trop gentille. Il fallait que je change.
Il me prit dans ses bras. Je me crispa mais il ne le sentit pas.
«Génial ! Je n'aurais jamais cru que tu allais accepter ...»
Moi non plus pensais – je bien trop fort.
«Je te prend à 19 h chez toi c'est d'accord ? Je te jure tu ne vas pas le regretter»
Je n'allais pas le regretter ? J'en doutais ... Imaginait -il déjà qu'on allait conclure ? Qu'on sortirait ensemble ? Il ne fallait pas qu'il se fasse trop d'espoir ... Je n'imaginais rien de tel entre nous. C'était simplement un ami. Et encore, je ne le connaissais pas vraiment. Je le vis se diriger vers la sortie si fier de lui. Craig se retourna et me gratifia d'un sourire débordant d'espoir.
«A ce soir !»
Tout le monde se retourna vers moi. J'entendis certains ricaner. Ça y est. Tout le monde savait que je sortais avec Craig Edwards ce soir. Je me ratatina sur place. C'était vraiment la chose que je voulais que personne ne sache. Non pas que j'avais honte mais bon ... Craig n'était pas le plus canon du lycée. Il était mignon mais rien d'extraordinaire sinon j'aurais accepté il y a bien longtemps ses demandes. Vous allez sûrement croire que je ne m'intéresse qu'à la beauté mais ce n'est pas vrai. Au contraire. Ce que les gens ont au fond de soi est aussi très important même beaucoup plus. Et j'y prêtais beaucoup d'attention. J'aimais les grandes âmes, les personnes intelligentes qui ne se limitaient pas à l'apparence. J'aimais les gens qui arrivaient à me fasciner. J'aimais les gens incernables, ceux dont on ne sait pas ce qu'ils ont derrière la tête. Ceux qui sont illisibles. J'aime ce genre de personnes totalement mystérieuses. Ce sont les personnes qui m'intéresse réellement. Les autres ... J'en avais un peu rien à faire.
J'attrapai les affaires dans mon casier et me dirigeai vers ma salle pour mon prochain cours.
L'heure passa. Trop doucement. J'attendais avec impatience de sortir car d'ici j'étais capable de voir le soleil brillait au dehors. J'avais toujours adoré le beau temps. De plus, aujourd'hui j'étais obligée de rentrer chez moi à pied. Lyse ne pouvait pas me ramener. Cela m'allais. J'aimais me balader et profitais un peu de l'air frais après une journée entière enfermée entre quatre murs.
Délivrance. La sonnerie retentit enfin. Je courus au dehors et rentra en vitesse chez moi marchant à une vive allure comme si je pressentais déjà quelque chose. Quand je fus arriver, la maison était de nouveau vide, ma mère travaillait encore et toujours. Bientôt je pourrais croire que je vis seule si elle ne pointait pas le bout de son nez. C'était presque si elle ne dormait pas au bureau. J'haussa les épaules en poussant un soupir et monta à l'étage. C'est à ce moment que ma vie changea pour de bon. C'est en montant ces escaliers, en faisant chacun de ses mouvements que ma vie allait enfin changer pour devenir un peu plus exceptionnel. J'aimais qu'il y ait un peu de piment. Quelqu'un chose qui n'était pas ordinaire. Je fus servis. Ma vie changea quand je découvris ce qui se cachait derrière ma porte de chambre.
Ma vie changea quand je l'ouvris. Je la poussa alors.
Dès cette seconde. Dès cet instant. Plus rien ne sera jamais comme avant ...

# Posté le mercredi 30 janvier 2008 11:49

Modifié le vendredi 27 juin 2008 05:56

2. C'est le destin ... / Journal de Théa'

2. C'est le destin ... / Journal de Théa'
2. I just want you to know who I am
Lundi 28 Février 2008

«Le jour éloigné existe, celui qui ne viendra pas n'existe pas.»

Théadora :


C'était à ce moment-là que ma vie changea. J'avais toujours été persuadé que celle-ci était définitivement banale mais à présent tout venait à prouver le contraire. A partir de ce moment-là j'eus enfin l'impression d'exister. De n'être pas là juste par un certain hasard. D'avoir un but dans ma vie. Car quelques minutes auparavant, je n'en avais pas eu ... Et cela faisait toute la différence. Mon existence prenait une nouvelle tournure. Et cela donnait quelque chose de bien plus excitant qu'avant. Pour une fois. Pour la première fois, j'étais heureuse de vivre et je remerciai Dieu du plus profond de mon c½ur.
Lorsque je poussai la porte et entrai, ma main resta immobile sur la poignée. Moi je restai interdite un pied en avant, l'autre en arrière. Mes yeux étaient figés fixement sur quelque chose. Ma respiration s'accéléra, je n'avais plus de souffle, mes doigts s'agrippèrent au mur pour que j'évite de tomber. Mon cerveau avait un mal fou à se raccrocher à la réalité. Je rêvais. C'était impossible. Je rêvais. Cela ne pouvait pas être réel. C'était tellement...invraisemblable. Impossible. Pourquoi moi ? Une jeune fille banale et sans souci. Pourquoi moi? Je rêvais, j'en étais sûre et bientôt j'allais me réveiller retrouvant la banalité et l'ennuie. Il fallait que je me sorte de ce sommeil et vite car je ne pouvais pas continuer de me torturer croyant à des choses qui n'arriveront jamais. Ma vue baissa, mon rythme cardiaque ralentit à une vitesse folle. Et bientôt je tombais dans les bras de Morphée et m'écrasai durement contre le sol.
C'est bien ce que je me disais, j'avais rêvé ...

J'étais tel un oiseau, je flottais, je volais, je n'étais pas moi même. Mais j'avais besoin de reposer pied à terre pour me rendre compte que tout ceci était bien là, juste sous mes yeux.
Mes paupières étaient lourdes mais je les ouvris. J'avais besoin de les ouvrir. J'avais besoin de vérifier si il était toujours là. Près de moi. Près comme jamais auparavant. Son parfum m'encerclant de toute part. Oui il. Il. Vous avez deviné ... C'est il qui se trouvait dans ma chambre avant que je m'évanouisse sous l'émotion. Sous le choc. Et moi, qui croyait être le genre de fille qui ne s'évanouirait jamais devant une star, car je n'étais pas assez superficielle pour faire ça. Je m'étais trompée. Cela avait été tellement ... inattendu. Soudain. Improbable. Impossible aussi pourrait se rajouter à la liste. Et il y en aurait bien d'autre mais je trouve inutile de mettre tous les synonymes de ces mots qui caractérisent mes émotions qui en ce moment même se mélangeaient dans mon esprit. Je ne savais plus quoi penser alors. Il fallait donc que j'ouvre les yeux. Que j'ouvre les yeux et vite.
Je sentis quelque chose de moelleux derrière ma tête et l'objet sur lequel j'étais allongée été bien plus agréable que le parquet de la pièce, dur et froid. Malgré mes problèmes pour réfléchir après ce moment d'intense émotion je devinai que je me trouvais sur mon lit. On m'avait déplacé.
A cette idée, mon c½ur reprit sa course à une allure impressionnante et je tentai de le ralentir sans grande réussite. Je tentai de me redresser mais à la place je ressentis une vive douleur et poussai un faible grognement dû au calvaire que ma récente chute m'infligeait.
«A mon avis, tu ne devrais pas essayer de bouger pour l'instant. T'es tombé de haut ...»
Je sursautai, surprise. Cette voix ... La voix de mes rêves. Sa voix. Sa voix que j'avais entendu maintes et maintes fois à la radio, à la télé. Mais jamais de si près ... Sa voix à la fois si grave et si suave. Sa voix qui me parlait. Il m'avait adressé la parole. A moi.
Et j'en déduisais que mon imagination me jouait encore des tours. Saleté de rêve. Je poussais un soupir exaspéré et pria Dieu pour que je puisse enfin me réveiller. J'étais tellement énervée que je ne me rendis même pas compte que je parlais à voix haute.
«Saleté de rêve ... Pourquoi je ne me réveille donc pas ...»
Sa sera dur de te réveiller vu qu'à la base tu ne dors même pas ...»
A nouveau cette voix. Mais cette fois-ci, elle était plus proche ... Encore plus proche. Quand il parla, je sentis une pointe d'humour dans son ton. Il devait trouver cela irrésistiblement drôle. Moi, pas. Si ce n'était pas un rêve, je venais de me ridiculiser devant le garçon le plus beau de la terre. Et encore ridiculisée était un mot faible.
Je me redressa, non sans une pointe de douleur et mes yeux tentèrent de s'adapter à la lumière aveuglante. Je le vis. Lui. Je le vis. Tout d'abord, je n'aperçus pas son visage clairement,tout était flou autour de moi. Mais il y avait quelqu'un par terre, adossé au mur au fond de la pièce. Son parfum était de toute part. Irrésistible. Et je sentais qu'il me fixait de là où il se trouvait ... Je sentais son regard sur mon visage crispé. Je sentais aussi que j'étais tendue et que je ne savais pas quoi répondre à sa réplique teintée d'humour. Et là, malgré que j'avais toujours souhaité le rencontrer j'aurais espéré que tout ceci ne fut pas vrai, que tout ceci ne se serait jamais passer. J'aurais aimé me réveiller et retourner à ma vie habituelle même si cela semble terriblement grotesque. Car j'aurais préféré le rencontrer d'une toute autre manière. Mais ce n'était pas le cas alors je devais affronter. Je devais l'affronter.
Ma vue se stabilisa. Je pus enfin voir son visage. Mon c½ur battait encore et encore. Je déglutis et refermai les yeux incapable de le regarder plus longtemps ne voulant pas que nos yeux se croisent. L'émotion était trop forte.
C'était bel et bien lui. Lui. L'icône. Mon modèle. Cet homme de dix neuf ans qui pour moi n'était qu'un simple mirage. Un fantasme pour une jeune adolescente de dix-sept ans. Et jamais, non jamais j'aurai cru qu'un jour je le retrouverais dans ma chambre.
Lui c'était Aaron Beecker. Et je dois dire que de réaliser qu'il était juste là alors que je l'attendais depuis tant d'années, cela sortait complètement de mon imagination qui est d'habitude très réduite.
De là où il était, il me sourit. Comme si de rien n'était. Je sentis ma poitrine faire un bond et mon sang circula beaucoup plus vite que la normalité le veuille. Je tentais de me calmer sans grand succès. Il avait une trop grosse emprise sur moi. Il ne fallait pas l'oublier. Je refermai les yeux pensant que c'était plus sécurisé pour ma santé. Je préférai ne pas mourir d'une crise cardiaque. Surtout maintenant.
Mes mains étaient crispés, mes doigts serraient le drap et ne le relâchaient plus. Je prenais soin de contrôler ma respiration. Inspirer. Expirer. Inspirer. Expirer.
Je crois que Aaron voyait que je ne me sentais pas très bien car il me posa la question d'un ton inquiet.
«Tu es sûr que ça va ? Tu as encore mal ?
Non. Non. Ça va. Merci. Sa fais juste ... bizarre de se retrouver dans la même salle que Aaron Beecker. Je dois dire que ...» Je me sentis rougir jusqu'à la pointe des oreilles et je n'arrivais pas à placer correctement un mot devant l'autre. Je balbutiais à chaque fois. «Je dois dire que je n'ai pas l'habitude de me retrouver dans la même pièce qu'une star internationale ...»
Je cherchais mes mots, butais, hésitais. J'ouvris enfin les yeux et porta mon regard vers lui. Nos yeux se croisèrent. Je frémis. Ses yeux bleus étaient posés sur moi. Intense. Je n'avais jamais vu des yeux aussi beau. Aussi bleu. Son masque fondit au fur et à mesure que mes mots sortirent et je n'eus aucun mal à décrypter l'expression qui se dégageait de son visage presque parfait. Je lus du doute. Du doute et de l'incompréhension. Une totale incompréhension. Ce ne m'aida pas à comprendre pourquoi il ressentait ceci ... Pourquoi il doutait. Je n'avais jamais vu Aaron Beecker douter. Jamais. C'était une personne sûre de lui, confiante, trop confiante. Celui que je voyais à la télé ne ressemblait en rien à celui qui se trouvait juste en face de moi. J'étais perdue. Pourquoi était-ce deux personnes totalement différentes? Je fis mine d'ignorer mais c'était trop difficile. De toute manière, je n'aurais jamais osé lui poser la question. Et puis, il y répondit à ma place sûrement trop perturbé pour laisser filer ma réplique et faire comme si tout était normal ...
Il pinça les lèvres et il dégagea quelque chose qui me fit frissonner d'envie. J'en eus presque froid.
«Je ne sais plus ... , il hésita un instant, effrayé il me regarda puis baissa les yeux au sol comme si il était intimidé avant de reprendre dans un souffle, dans un murmure quasiment inaudible, je ne sais plus qui je suis ... Je ne sais pas ce qui m'arrive. » Il m'adressa un regard. Un regard profond qui me coupa le souffle. Il était perdu. J'étais là, tendue, incapable de reprendre ma respiration.
Et le monde bascula une nouvelle fois autour de moi ne pouvant supporter la pression.

L'eau fraîche me fit un bien fou. Elle me permettait de mettre mes idées au clair, de réfléchir. Je levai la tête du robinet et le miroir refléta mon visage blanc comme un linge. Ma peau était pâle, translucide. On aurait pu croire que je venais juste de voir un fantôme. Mes lèvres tremblaient et je ne savais pas pourquoi. Mes yeux marrons fixaient la glace avec intensité. Une goutte d'eau dégoulina sur ma joue et tomba dans mon cou avant de disparaître sous mon t-shirt.
Les évènements qui venaient juste de se dérouler se mélange aient en moi. J'avoue que je ne me souvenais quasiment de rien excepté la phrase qu'il avait dit et son regard qui m'avait transpercé de l'intérieur. Puis ensuite plus rien. Le trou noir. Je m'étais une nouvelle fois évanouie. Mais ses mots se répétaient en moi sans cesse. «Je ne sais plus qui je suis.» C'était ses mots. C'était exactement ces mots-là qu'il m'avait dit.
Aaron se trouvait toujours dans la pièce à côté, je m'étais dérobée prétextant un horrible mal de tête et m'était enfermée dans la salle de bains. J'avoue que je n'osais pas retourner dans ma chambre, j'avais trop peur de devoir croiser son regard une nouvelle fois. J'avais trop peur de devoir soutenir une conversation alors que je savais que j'en serai totalement incapable. Je n'étais pas très douée pour les relations humaines. Je n'étais pas le genre de fille qui trouvait quoi dire dans un moment désespéré. Je n'avais jamais les bons mots. Jamais.
J'avais chaud. Je soupirai et rouvris le robinet avant de m'asperger de l'eau froide sur le visage. Mes pensées allaient et venaient mais elles étaient toujours fixées sur une seule et même personne. Aaron. J'avais beaucoup trop de questions et lui même en personne ne saurait y répondre. Je décidais donc de les garder pour moi mais c'était trop dur à soutenir, il y en avait tellement.
A vrai dire, je ne savais pas par quoi commencer. Par le fait que je l'avais trouvé dans ma chambre sans aucune explication plausible ou le fait que mon acteur favori ne savait même plus qui il était. Je ne savais pas. Je ne savais pas. Et pour une fois, j'étais totalement perdue. Je n'avais aucune idée de la façon dont je pouvais m'en sortir. J'avais l'impression que d'une manière ou d'une autre nous aurions cette discussion. D'une manière ou d'une autre j'allais forcément devoir lui parler, l'affronter du regard. Mais j'avais terriblement peur. Peur de ne pas être à la hauteur et de m'évanouir une nouvelle fois. Peur de croiser ses yeux bleus intenses qui me fixaient avec une incroyable intensité. Vous devez certainement me trouver stupide, vous devez certainement vous dire que tout ceci est extrêmement simple. Le problème est que je ne suis pas une fille simple. Je ne l'ai jamais été et je ne le saurai jamais. Avec moi, tout devient trop compliqué. Tout ce que je touche devient compliqué. Rien ne s'arrange quand je suis là. Et j'aurai vraiment aimé que les choses soient plus faciles, croyez moi. Mais malheureusement ce ne fut pas le cas. Après cette rencontre, tout allait devenir de plus en plus embrouillés, de plus en plus incompréhensible. Mais je ne savais pas ce qui m'attendais ... Je n'imaginais même pas encore. Et heureusement.
Après tous ces évènements, le temps avait perdu de son importance. Et je ne suivais plus le fil des heures qui se déroulaient sous mes yeux. J'en pris conscience alors que je fixais mon visage dans cette salle de bains et j'osai un regard à ma montre qui se trouvait sur mon poignet gauche. Je m'attendais à ce qu'il soit tard, certes mais tout de même pas à ce point-là. Je lus 18 h 45. Et mon regard s'affola et je commençai enfin à réagir, me retrouvant face à la réalité.
Avec tout ce que j'avais pu voir cette après-midi, mon rendez-vous avec Craig m'avait complètement dépassée et je n'y avais plus pensé depuis qu'il m'avait demandé, ce midi. Cela me paraissait terriblement longtemps. Très longtemps. J'avais l'impression qu'il avait fait sa demande il y a des années de cela alors qu'il n'y avait que quelques heures qui me séparaient de cette événement.
Je gesticulais dans tous les sens, trouvant un moyen pour me préparer le plus rapidement possible. J'enfilais des vêtements en quatrième vitesse, tout ce que je pouvais trouver sous la main car mon placard était dans ma chambre. Et dans ma chambre se trouvait Aaron. Je ne voulais pas qu'il me voit dans cette état d'énervement intense. Je n'étais pas superbe à voir.
J'enfilai une jupe blanche en lin et mis une chemise marron. Je me fixais dans le miroir d'un ½il critique et décida finalement que cela suffirait. Je ne désirais pas spécialement me faire belle pour Craig. Qu'il me trouve moche ou superbe n'avait finalement pas vraiment d'importance ... Enfin, son avis n'avait pas d'importance.
Je me rendis soudainement compte que ce rendez-vous était mon premier. Mon premier rendez-vous avec un garçon. Mon premier rendez-vous et j'avais déjà dix sept ans. Au fond de moi, j'avais honte mais je n'oserais jamais le montrer ... J'étais bien trop fière pour ça. Bien trop fière. J'avais honte pas à cause du fait que j'avais dix sept il y a un début à tout âge mais parce que je ne savais pas comment m'y prendre. Je ne savais pas comment je devais réagir, si je devais parler. Je n'avais jamais reçu de réels conseils comme toutes ces filles qui en donnent à leurs amies et moi je n'en avais jamais donné, Lyse n'en avait certainement pas besoin. Elle savait toujours quoi faire avec les garçons. J'aurai aimé qu'elle m'en donne quelques uns mais c'était trop tard. Je n'avais plus qu'à affronter ça, seule. Ce qui était sûre c'était que ce rendez-vous ne finirait certainement pas par un baiser. Ni par rien du tout. C'était un rendez-vous amical enfin en tout cas de mon point de vue. De celui de Craig, ça je n'en savais rien et c'était ça que je redoutais avec horreur. Je ne savais pas comment il allait se conduire quand les lumières s'éteigneront. Quand le silence s'installera. Se tiendra-il tranquille ? Je ne sais pas ...
Je me fixais dans le miroir en secouant la tête, j'avais beau essayer de m'arranger, il n'y avait rien à faire je restais une véritable horreur de la nature et mes cheveux étaient absolument impossibles à dompter. Je donnais un dernier coup de brosser dans cette masse capillaire et sortit de la salle de bains pour me rendre dans ma chambre avec réticence.
J'ouvris la porte. Il était toujours là au même endroit, fixant au dehors, dans ses pensées. Beau comme un dieu. Lorsqu'il m'entendit entrer, il leva la tête et me donna un sourire timide, angoissé avant de répondre d'une voix douce.
«Je me suis demandée si tu allais un jour sortir de cette salle de bains ...»
Comment pouvait-il faire encore de l'humour après ce qu'il lui arrivait ? Je ne le comprenais pas ... Ce garçon était incompréhensible. J'avais l'impression qu'il avait de multiples facettes. Tantôt j'arrivais à comprendre ces émotions, tantôt je n'arrivais pas à les deviner tant son visage était fermé. Mais il arrivait tout de même à faire de l'humour. J'étais perdue.
J'haussais simplement les épaules et continuais de m'activer essayant de l'ignorer mais j'avoue que c'était plus difficile à dire qu'à faire. Mon regard revenait systématiquement vers lui. C'était un aimant. C'était mon aimant. Il m'attirait. C'était inévitable. Alors que je cherchais mon sac à main je sentis son regard derrière mon dos. Il me fixait. Je me retournais vers lui impossible de résister. Il me fixais, un sourire sur les lèvres.
«Où vas-tu ?» Il haussa un sourire les mains sur le torse. Je me mordis la lèvre inférieure.
«J'ai un rendez-vous, répliquai-je, dans un haussement de sourcil, désolé...
Oh je vois ... Tu m'as l'air très demandé comme fille» Le pire c'est qu'il avait l'air sérieux quand je croisai son regard. Si seulement il savait ... Je retins un rire, il ne vit rien. Je ne pris pas la peine de répondre et me dirigea vers la porte que j'ouvris. J'osai un regard derrière moi avant de partir.
«Au revoir ...»
Je m'écarta de lui. Préférant m'éloigner le plus loin possible. Et si je ne le reverrais plus jamais ? Cette idée me déchira le c½ur. Il me regarda partir. J'aurai voulu rester. Si j'aurai pu appeler Craig pour tout annuler, je l'aurais fait. Juste pour être avec lui. J'étais pathétique. Je ne connaissais même pas ce garçon, tout ce que je savais sur lui n'était qu'une image. Je ne savais pas comment il était vraiment. Mais je devinais que ce qu'on voyait à la télé n'était qu'un masque, mais qu'au fond de lui ce n'était pas ce garçon macho et prétentieux qu'il prétendait être. C'était quelqu'un de bien. Quelqu'un de mature. Quelqu'un qui avait un c½ur. Et sans le connaître je le trouvais parfait. Totalement parfait. Il me rattrapa et me toucha l'épaule doucement. Juste un frôlement.
«Je ne sais même pas ton prénom ...,il insista, juste ton prénom.»
Je me retournai au pied de l'escalier, nos yeux se croisèrent, je souris.
«Je m'appelle Théadora. Juste Théadora
Théadora ..., répéta-il d'une voix sourde, et moi ?
Aaron Beecker. Juste Aaron.»
Je restai là, la main sur la rampe à le fixer, éberluée. Il ne savait plus qui il était. Mais si j'avais la chance, cette chance de le revoir je pris la décision de le connaître. Je voulais le connaître. Tout ne pouvait qu'être beau en lui. Je me fis cette promesse. Cette promesse qui me tenait à c½ur. Il haussa les épaules et recula de quelques pas.
«Au revoir Théadora ...
Au revoir Aaron.»
Il se retourna, je fis de même et descendis les escaliers l'esprit en pleine crise de torture. C'était stupide. Je le savais. Totalement stupide. Mais j'avais du mal à me faire à l'idée de partir. Qui c'est, peut être que ... que je n'allais jamais le revoir. Que je n'allais jamais le revoir même si je le voulais. Ce n'est pas moi qui décidait de ceci. C'est le destin. Chaque mouvement, chaque nouvelle décision que nous prenions les modifiaient. Il changeait à longueur de temps. Ce n'était jamais le même. Et aujourd'hui le mien avait changé. Miraculeusement.
Et malgré la douleur que j'avais sur le c½ur, je partis, heureuse. J'étais heureuse. Tout simplement heureuse. Pour une fois.
La sonnette d'entrée retentit dans la maison alors que j'arrivai devant la porte.
Mon rendez-vous m'attendait pour ce soir.
Je vous l'avais dit. Le destin est là. Toujours. Présent. Il suffit juste de le savoir et d'y penser un peu. Comme moi.

# Posté le jeudi 31 janvier 2008 14:54

Modifié le mardi 09 septembre 2008 14:22

3. Journal de Théa'

3. Journal de Théa'
3. Wonderful Date
JOURNAL DE THEADORA
Lundi 28 Février 2008


«Le destin c'est simplement la forme accélérée du temps»
Jean Giraudoux

«Théadora, on est arrivé ...»
Je sortis brusquement de mes pensées macabres qui imaginaient un milliers de moyen pour tuer Craig et le faire disparaître de cette terre à jamais mais je n'avais rien trouvé d'assez original à mon goût. Je me rendis compte que je me trouvais toujours dans sa voiture et que lorsque je tournai ma tête vers lui le fixant de mes yeux sombres, il me regardait attendant que je me réveille et que je sorte de la voiture. A vrai dire, je n'attendais que ça. Partir. Rester une minute de plus avec lui relevait d'un terrible suicide. Surtout après la soirée que je venais de passer. Mais je pense qu'il devait sans douter. Ou du moins un minimum. A moins qu'il soit stupide et naïf et à ce moment-là il me faisait réellement pitié. Je secouais la tête en signe d'excuse. Un silence gêné s'installa. Nous n'avions plus rien à nous dire. Vraiment plus rien. Et je n'avais plus envie d'avoir affaire à lui après ce moment passé ensemble. Je m'excusais platement.
«Excuse-moi, j'étais ..., j'hésitai et le regardais, il termina ma phrase avant que je puisse continuer.
dans tes pensées. J'ai remarqué.»
Je fis un pâle sourire à mon compagnon et actionna la poignée pour sortir du véhicule en vitesse mon sac sur l'épaule. Craig ouvrit sa fenêtre pour me parler, la main dépassant de la voiture. Il fit semblant d'avoir l'air détendu mais je voyais bien qu'il ne l'était pas. Il avait plutôt l'air ... profondément désolé. Prêt à s'excuser tous les jours si il le devait. Mais ceci ne changerait strictement rien. Je ne pardonnais pas facilement malgré que je sois une personne trop gentille. J'étais assez rancunière. Et je ne risquais pas d'oublier cette soirée.
Je pris la parole en essayant d'avoir l'air convaincante mais cela n'eut pas l'air de marcher.
«Merci Craig. Ce fut une soirée fantastique.» Mon ton était plus ironique d'autre chose mais je ne pouvais pas l'en empêcher, c'était naturel. Il secoua la tête une nouvelle fois reprenant son air navré.
«Tu mens très mal Théadora» Et c'était vrai. «Je sais très bien ce que tu penses de cette soirée. Et sache que je suis vraiment désolé. Vraiment très désolé ... Si j'avais ...» Il ne termina pas sa phrase je ne lui en laissa pas le temps lui coupant la parole et l'arrêtant d'une main devant son visage. Je ne voulais plus entendre ses plates excuses qu'il m'avait déjà répété un million de fois. Ce n'est pas un «désolé» de plus ou de moins qui changera l'humeur dans laquelle je me trouvais actuellement.
«Laisse tomber Craig. Ok ? Des excuses n'y changeront rien. On se verra à l'école demain.»
J'avais du mal à croire que c'était moi qui avais dis ça. Moi. Théadora McAdams. Qui d'habitude était si gentille et qui n'osais jamais dire non. Qui n'osait jamais répliqué quelque chose. Moi qui me contentait toujours de hocher sagement la tête et d'obéir. Bon, OK ce n'était pas la réplique du siècle, certes mais c'était déjà un très bon début pour quelqu'un comme moi. Je faisais de réels progrès. Bientôt je deviendrai une grande rebelle. Bon. Ne rêvons pas trop.

Je lui jeta un dernier regard avant de me diriger vers chez moi d'un pas traînant. Mon jean sale me collant à la peau. J'étais toute souillée. Tout ce que je désirais été de prendre un bain et de me couchais pour ne plus jamais me réveiller. Craig démarra au quart de tour dans mon dos et partit à pleine vitesse. Dire que ce rendez - vous fut réussi, serez-vous mentir. Le film était pas mal enfin j'en suis pas vraiment sûre vu le peu que j'ai pu regarder avec lui à mes côtés. Le reste de la soirée ... Pour tout vous dire ce fut une véritable catastrophe du début à la fin sans s'arrêter. Il n'y a pas un moment qui fut réussi. Et je regrette vraiment d'avoir osé accepter d'y aller. Je ne l'aurais jamais fait si j'avais vraiment su à quoi m'en tenir derrière ce «oui» si facile à dire mais contenant tellement de dangers.
Je souhaiterais vous faire partager ma soirée. Peut être allez-vous rire, ou trouvez cela terriblement ridicule mais je prend le risque. Donc reprenons depuis le début cela sera plus facile.

Je venais juste de quitter Aaron, j'espère que vous vous en souvenez, le c½ur terriblement lourd ne pouvant m'empêcher d'éprouver du chagrin lorsque la sonnette de l'entrée retentit dans la maison. J'avais deviné que c'était Craig qui venait me chercher vu qu'il était déjà 19h. . J'ouvris et trouvais un jeune homme bien trop élégant pour l'occasion. Je le fixai, les sourcils haussés plus que impressionnée par sa soudaine transformation. Il était habillé d'un jean et d'une chemise manche longue rayée bleue et noir. Par dessus, il avait mis une veste de cette même couleur, rappel des rayures. Ces cheveux d'habitude trop bien coiffés était en bataille et une mèche qui cachait ses yeux marrons, tombait sur son visage. Était-ce Craig derrière ce déguisement ? J'avais du mal à me faire à l'idée, je l'avoue. Il ne ressemblait à rien à celui que j'avais l'habitude de connaître. Il semblait plus détendu, moins timide. Il était ... différent, tout simplement et je crois que je l'avais fixé un peu trop longtemps la bouche ouverte car il me regardait, surpris, se demandant certainement ce qui me prenait de réagir de la sorte avec lui. J'avoue que ce n'était pas ma réaction habituelle quand je lui parlais. J'avais toujours été assez distance envers lui. Assez réticente.
Je repris mes esprits et releva la tête dans un sourire comme si tout était normal. Et lança une réplique d'une banalité déconcertante. C'était tout moi. Je n'avais jamais d'originalité dans mes phrases.
«Salut. Dis donc ... on te reconnais plus» Je ris jaune, un peu forcé. J'étais tendue. Craig baissa la tête vers sa tenue et haussa les épaules.
«Ouais ...» Génial comme réponse. Très original ... Le genre de réponse typique à la Craig quand il ne savait pas quoi dire. Gêné. Et c'est le genre de réponse qui met un malaise total dans la conversation. C'était gagné. Un silence pesant suivit ce «ouais» ennuyeux puis il continua sur le même ton morne. Ça n'allait pas être la joie ... «Tu es prête ? On peux y aller ?»
Je me rendis alors compte que j'avais oublié ma veste en haut. Dans ma chambre ... A cette idée, je frissonnai puis secouai la tête.
«Non, attends. Il faut juste que je prenne mon manteau. Tu attends ici ?
-Euh ... je vais t'attendre dans la voiture. Rejoins moi.»
Et il repartit vers sa voiture tandis que je montai à l'étage pour aller chercher ma veste qui pendait sur mon lit. Maudit sois cette veste. Maudit sois cette chambre. Je ne voulais pas revoir Aaron ou je n'aurai plus le courage de ressortir de la pièce pour rejoindre Craig. Je ne voulais pas le revoir. Je ne voulais pas recroiser ses yeux bleus ou j'allais y plonger pour ne plus jamais en ressortir. Plus jamais. Pour tout vous dire, je préfèrerais presque sortir dans le froid de février en manches courtes plutôt que de le retrouver si vous pouviez comprendre mon malaise. J'aurai terriblement aimé que se fut simple même pour moi. Mais j'étais complexe. Les gens ne me comprenaient pas. J'avais envie de le revoir mais en même temps je ne voulais pas. Bizarre, non ? Ma mère m'a souvent dit que je l'étais et je ne sais jamais comment le prendre. Jamais.
J'avoue que je m'attendais à le voir au moment où je pousserai la porte et je fus plus que surprise lorsque je découvris qu'il n'était plus là. Je n'étais même pas surprise j'étais littéralement déçue. Déçue à en pleurer. Mais je pleurais difficilement. Trop difficilement.
Je me contentai alors de fixer la pièce d'un regard vide. Mon c½ur était broyé. Et là, j'étais vraiment sûre que je n'allais plus jamais le revoir. Mais alors plus jamais. Je devais me faire à l'idée. Mais cela me semblait trop dur ... Trop dur pour moi en tout cas. J'avais le regard posé sur l'endroit où il se trouvait, assis quelques minutes auparavant. Je me l'imaginais adossé contre le mur, me souriant, me regardant.
Puis, le klaxon de la voiture de Craig me ramena à la triste réalité et j'enfilai mon manteau avant de descendre en bas.
Il fallait l'oublier ...
L'oublier et passait une bonne soirée.
Bizarrement, ce mot passait mal en travers de ma gorge quand je le prononçai pour moi même à voix haute tout en allant vers la voiture de Craig. J'ouvris la portière et entra à l'intérieure du véhicule me constituant rapidement un masque de marbre et feignant un rapide sourire dans sa direction. Il ne vit rien. Heureusement.
«Désolé pour l'attente. J'ai eu du mal» Que pouvais-je trouver comme excuse plausible ? Je marquai une pause avant de reprendre. « euh ... à trouver ma veste.»
Craig ne dût pas trouver quelque chose de bizarre à cela car il démarra le moteur tout en hochant la tête et répondit d'un ton naturel.
«Y'a pas de mal. Mais on ferait mieux d'y aller si on ne veux pas rater la séance de 19h45. Au fait, as-tu une idée du film que tu veux voir ?
J'avoue que je n'avais jamais réfléchi à l'idée ... Mais vraiment pas. J'avais même oublié le fait que j'allais au cinéma avec lui. Alors le film ... Mais je n'allais pas souvent au ciné. De toute manière avec qui pourrais-je y aller ? Lyse voit tous les films avec chacun de ces petits amis et après elle ne veux jamais les revoir avec moi. Donc à part elle je ne vois pas qui pourrait m'accompagner. Certainement pas Samantha. Oh non ...
«A vrai dire, je ne vais jamais au cinéma. Je n'ai aucune idée de ce qui passe en ce moment ...»
Il eut l'air vaguement étonné et me jeta un regard surpris avant de se concentrer sur la route tout en continuant à parler. «Tu ne vas jamais au ciné ? Mais ... mais tu n'aime pas ou ...?»
Je préférais lui proférer un mensonge plutôt que de lui avouer que en réalité je n'avais personne qui accepter de m'accompagner. «Non. Non. J'apprécie le cinéma mais je trouve stupide de payer 9 $ pour un film alors que j'arrive à le visionner avec une très bonne qualité sur Internet. Et cela me permet de préserver mon peu d'économie pour ... quelque chose de plus important»
J'avais dis la première chose qui me passait par la tête, sans réfléchir. Craig rentra dans le jeu sans difficulté.
«Je vois. Mais tu as tord car il faut apprécier le cinéma a sa juste valeur. Si tout le monde faisait comme toi le cinéma perdrait tout son sens. Il deviendrait une totale ruine. Les films ne feraient plus aucune recette et aucun bénéfice. Au final, il n'y aurait plus de films et je ...»
Et il était parti ... Parti dans sa profonde réflexion comme tout bon intello dans son genre et je me doutais que je n'étais pas prête de l'arrêter quand il commençait à parler ainsi. Le pure Craig que je connaissais. Et c'était le Craig qui me lassait terriblement au bout de trois minutes. A peine avait t-il commencer que je n'écoutais plus et regardais la route défilait par la fenêtre. Qu'est ce qu'il pouvait être ennuyeux lorsqu'il commençait ces discours. C'était vraiment le genre de choses qui m'insupporter au plus haut point. Je ne me rendis même pas compte quand il arrêta de parler tant j'étais dans mes pensées. Je sentis tout de fois son regard dans mon dos et j'osai un coup d'½il vers lui. Il ne roulait plus, ne parlait plus et me fixait en silence. J'haussai un sourcil.
«Qu'est ce qu'il y a ?» Ma question était innocente mais je vis le trouble qu'elle instaura en lui.
«Rien euh ... on est arrivé»
«Ah ... eh bien on y va pas ?»
«Si, si.»
Un silence gêné s'installa entre nous alors que nous sortions de la voiture et que nous nous dirigions vers le hall d'entrée du cinéma. C'était souvent ainsi avec Craig et j'en avais particulièrement l'habitude mais là j'avoue que je me sentais vraiment pas à ma place. Il était sorti de la voiture en vitesse réagissant à mes paroles pour m'ouvrir la portière. En silence. Je sentais son regard sur moi alors que nous avancions d'une marche tranquille, il me détaillait et sans savoir pourquoi je me sentis rougir et fuyais son regard le plus discrètement possible..
Nous entrâmes dans le cinéma et on se dirigea vers les affiches de film dans le but d'en choisir un qui nous conviendrait. Je ne pus m'empêcher de jeter un regard au alentour, sûrement pour vérifier que personne de ma connaissance ne se trouvait pas dans les parages pour me voir en compagnie de Craig Edwards. Enfin, je ne savais pas bien pourquoi je faisais cela. Juste une vérification tout simplement ...
Je poussai un soupir soulagé en ne voyant que de multiples visages inconnus et le suivis d'un pas plus léger qu'à mon entrée.
«Alors ?! Fais ton choix ...»
Un nombre incalculable de film se trouvaient sous mes yeux prêt à m'envoûter. Je décidai d'office de rayer les comédies mélo-romantique qui était à mourir d'ennui. Vraiment pas ma tasse de thé. Pour le reste je n'en savais rien. Je n'étais pas compliquée. Je décidai de prendre un film au hasard et montrai du doigt celui qui se trouvait en face de nous.
«Pourquoi pas ce film d'horreur là ?»
Alors que j'avais sorti le mot «horreur», je le sentis blêmir à côté de moi et cela eu l'effet d'une décharge électrique sur sa petite personne. Au lieu de m'en préoccupais et de proposais de changer de film, je souris d'un air amusée, retiens mon rire et fis comme si je n'avais rien remarqué. Cela ne m'étonnait pas de la part de Craig. D'habitude tous les garçons adoraient les films d'horreur. C'était leur tasse de thé. Enfin, je présume. Je ne suis pas très douée dans cette matière-là. Mais Craig était un jeune homme bizarre. Il était trop sensible, trop gentil. Il accepta d'ailleurs ma décision sans rechigner malgré que son visage soit devenu blanc comme un linge.
«Euh ... D'accord» Il bafouilla, hésita lorsqu'il prononça ses mots avant de se forcer à sourire dans le but de conserver son air détendu qui paraissait plus faux maintenant que jamais auparavant. Il jouait très mal la comédie.
Je sortis mon portefeuille de mon sac pour payer mon ticket d'entrée mais il m'arrêta d'un geste de la main. Direct. Je le regardai, surprise.
«Théa, c'est moi qui t'invites.»
C'était la première fois depuis le début de la soirée qu'il prononçait mon prénom et cela me fit l'effet d'une décharge électrique. Seul Lyse m'appelait ainsi. Je continuai à insister ne voulant pas abuser de sa générosité.
«Craig, je ...
- J'insiste. Ça me fait plaisir. Vraiment»
Je cédai malgré tous les principes que je m'étais instaurée auparavant. Et oui, étonnez-vous. J'ai des principes. Pas mal même. Comme le fait que je ne veux pas que l'homme me domine donc je n'accepte pas qu'il paye le restaurant, le cinéma par amour. Mais pour Craig j'avais plus l'impression qu'il m'avait payé ma place par pitié car je me souvins avoir dis dans la voiture que j'avais peu d'économie. Peut être est-ce ce mot qui lui avait laissé entrevoir que j'étais pauvre. Ce qui évidemment était faux. Sa générosité, en un sens, me fit plaisir même si ce fut parti d'une certaine pitié de sa part. Je lui pardonnerai un jour. Hum. Le reste de la soirée, non certainement pas. Vous découvrirez bien vite pourquoi.
Nous avons payés puis nous nous sommes dirigés vers la salle de cinéma. Je tâchai de garder une distance limité entre lui et moi. J'avais trop peur qu'il commence à me prendre la main et là je ne saurais comment m'en débarrasser. En plus, j'étais sûre qu'elle devait être terriblement moite. C'était le genre de gars qui stressait tout le temps et qui avait toujours trop chaud. Je grimaça de dégoût à cette idée et entra dans la salle l'esprit pleine de réticences bien fondées. Le film venait juste de commencer. Et là, comme vous pouvez vous attendre, les catastrophes commencèrent. Elles s'enchaînèrent. Ce fut de pire en pire. Oui. Lisez attentivement. Et je vous jure que si vous osez un petit sourire en coin je vous tue. Vous n'avez pas intérêt à rire de quoi que ce soit tout ceci n'ait certainement pas drôle. Je vais vous présenter la chose de manière totalement tragique que vous allez en pleurer, bon je sais pas si j'en serais capable mais voici la soirée en trois étapes bien différentes. Qui deviennent croissantes en catastrophe petit à petit. Savourez à votre guise.

Les dix premières minutes passèrent sans incident particulier, je commençai enfin à me détendre croyant m'être fais des idées infondées sans raison apparente. Croyant avoir imaginé des choses qui n'arriveraient pas. Mais je n'étais pas au bout de mes surprises ... Certainement pas. Craig se trouvait à ma droite, j'avais pris alors soin de m'écarter le plus loin possible de lui mais ceci n'empêchait pas qu'il soit toujours trop proche de moi. Assez proche pour arriver à me toucher. Assez proche pour arriver à m'embrasser. A cette idée, je réprimais un frisson. Il le sentit et pensa sûrement que c'était à cause du film. Malheureusement trop d'idées me trôtaient dans la tête pour que je réussisse à me concentrer aux images projetées sur le grand écran. Je bus une gorgée de mon coca et sentis une main tremblante et peu sûre d'elle frôlait ma cuisse. Je failli m'étouffer avec ma boisson et la recracha par le nez. Un mélange de morve et de coca glissant sur son visage contracté par l'horreur. Répugnant mais se fut instinctif. Sa main qui me touchait me révulser. On avait l'impression qu'elle avait été baigné dans de l'huile tant elle était mouillée. Son autre main se posa sur mon épaule m'attirant un peu plus vers lui. Dix centimètres nous séparaient maintenant comparé au cinquante que j'avais mis comme distance entre nous quelques secondes auparavant. Craig passa à l'attaque. Vraiment à l'attaque. Et j'avais ce pressentiment qui me disait qu'il n'était pas prêt de s'arrêter là et que je devais y mettre un terme maintenant ou je n'y arriverais plus. J'avais pourtant été clair sur mes intentions envers lui mais je crois qu'il n'avait pas dû bien comprendre mes propos. Peut être était-il trop naïf tout simplement. Idiote. Je suis idiote. Idiote et bien trop gentille. Je laissai ses deux mains autour de moi même si elles m'horrifiaient et fis comme si de rien n'était pour ne pas le vexer. Je ne voulais pas le vexer. Je voulais lui faire plaisir. Et en même temps je voulais le repousser mais je ne sais pas dire non. Je n'ai jamais su dire non. Il me caressait l'épaule avec ces doigts froids. Je frissonnai tenté de les retirer.

J'avais raison lorsque j'avais proclamé que Craig ne s'arrêterait pas aussi vite. Il me suffit d'attendre trente minutes de plus qui parurent les plus longues de mon existence. Il ne cessait d'enlever sa main de mon épaule et de la retirer. Je sentais bien qu'il ne savait pas quoi faire. Mais je ne comptais certainement pas l'aider dans son choix. Si il décidait de laisser tomber cela me faciliterait la tâche. Cela rendrait les choses plus faciles. Malheureusement il se ressaisit et retira sa main pour tourner mon visage vers lui de ses doigts mouillés. J'essayai de cacher mon expression d'horreur. En vain. Je remerciai Dieu un court instant pour le fait que les lumières soient éteintes et que Craig n'ait pas vu la réticence qui teintait mon visage de toute part. Il commença à m'embrasser prenant mon visage de ses deux mains et l'approchant du sien doucement. Je sentais son haleine de trop près. Il puait les chips et la sauce piquante. Le chewing-gum que je l'avais vu mâchouillé dans la voiture n'avait servi strictement à rien. Sa respiration était rauque. Je devinais qu'il avait la frousse. De même pour moi mais nous n'avions pas les mêmes raisons. J'aurais aimé avoir le courage. Ce courage de lui foutre une baffe, de mettre les choses au clair et de partir sans un regard derrière moi, sans un soupçon de regret. Mais je n'avais pas ce courage-là. Je ne l'avais pas.
Il pressa donc ces deux grosses lèvres contre les miennes avec un désespoir et une envie presque inquiétante. Je ne lui rendis pas son baiser mais je ne pense pas qu'il s'en rendit compte et il était beaucoup trop occupé par l'envie de bien faire. Il mordilla ma lèvre inférieure et l'écarta. Je frémis. Il pris ça pour un oui et sa langue entra dans ma bouche. Massive. J'eus alors l'impression de subir un nettoyage dentaire plus qu'un baiser. Je ne peux pas vous expliquer combien se fut ... atroce. Combien j'avais cette impression de dégoût tassé au fond de moi. Je n'avais jamais subi pareil horreur mais je me laissais faire. Je ne sais pas comment mais je me laissais faire. J'étais stupide. Incroyablement stupide.
Il aspirait ma bouche dans la sienne qui était grande ouverte. Sa salive avait le même goût que son haleine. Un goût atroce. Je pouvais encore sentir tout ce qu'il avait engorgé les heures auparavant. J'avais envie de vomir. Ses mains tremblantes, se baladaient un peu partout sur mon corps. De mes cheveux qu'il était en train d'emmêler à force de les toucher jusqu'à mes cuisses. Il frôla ma poitrine, hésitant. Il me força à enrouler ma langue autour de la sienne.
J'avais toujours imaginé que mon premier baiser serait magique. Ma mère m'en avait souvent parlé. Elle m'avait toujours dit que c'était celui dont je me souviendrais toute ma vie. C'était le baiser que tout le monde attendait. Que tout le monde désirait. Elle s'était trompée. En tout cas pour moi. Il n'y a rien de pire que ... mon premier baiser. Je n'avais jamais eu une tel impression de dégoût avant aujourd'hui. Une tel envie de rejet. Et dire que je croyais que tous les garçons embrassaient bien. Peut être que Craig était l'exception car lui il était vraiment mauvais. Tout était hésitant et timide. Il me bavait littéralement dessus. Je pensais à tout ceci quand enfin il se détacha me laissant respirer, reprendre mon souffle et peut être cracher ce que j'avais dans la bouche. Il me sourit, me regarda, prit une de mes mèches de cheveux qu'il passa derrière mon oreille. Il s'approcha de celle-ci et murmura d'une voix douce:
«Merci...»
Après ces mots, il recommença recollant sa bouche contre la mienne dans un accès de désir et prenant mes mains pour les poser autour de son cou. Il me colla contre lui et serra mes hanches. Il était plus décidé que jamais et cela me faisait peur. Terriblement peur. Je le repoussai alors. Doucement mais fermement. J'étais fière de moi. J'avais envie de dire non. J'avais envie d'arrêter toute cette scène qui ressemblait à celle d'un film. J'avais envie de mettre une distance entre lui et moi. J'avais envie de lui rappeller que nous étions dans une salle de cinéma. J'avais envie d'enlever ce goût atroce qui restait sur mes lèvres. Il sentit que je le repoussai et se détacha me jetant un regard interrogateur.
«Non Craig ...»
Ma voix tremblait. Je n'avais pas envie de lui faire mal mais je le devais. Je le devais. Je ne voyais pas bien son visage mais je devinais qu'il m'en voulait mais aussi qu'il était gêné de s'être montrer aussi démonstratif.
«Regarde plutôt le film, s'il te plaît»
Je me détournai de lui, imposant de nouveau une distance. Je posai le regard sur l'écran et essayai tant bien que mal de suivre.
Je sentais son regard sur moi mais je l'ignorai.
Le film était absolument gore. Du pure horreur comme je les aime. Enfin du peu que j'avais eu le droit de voir. Je savais que ce n'était pas le genre de film de Craig. J'avais vu son regard quand j'avais arrêté mon choix. Et là, je pouvais palper sa tension alors qu'il se trouvait à cinquante centimètres de moi. Je me tournai vers lui. Il fixait l'écran blanc comme jamais. Sa bouche tordue en une grimace de dégoût. Je le vis alors plaquer sa main devant sa bouche comme pour empêcher quelque chose de sortir. Je commençai à m'inquiéter. Je posai mes longs doigts sur son bras et m'approchai de lui.
«Craig ... tu es sûr que ça va ?
«Pas vraiment, son visage se tordait de douleur, je, je crois que ...»
«Tu crois que quoi ?»
«Je crois que je vais vomir ...»
La réponse me prit totalement au dépourvu et je n'eus pas le temps de réagir. De me dégager. De m'en aller avant que Craig s'étrangla, ouvrit la bouche tentant de parler, se tordit en deux et un flot de vomi venant certainement de son repas de midi ou de son quatre heures en sortit pour couler sur moi, tel une crème anglaise.
Vous êtes vous déjà sentie terriblement sale et poisseuse ? Vous êtes vous déjà sentie humiliée ? Vous êtes vous déjà sentie recouverte d'un mélange visqueux que l'on ne pourrait même pas identifier tant la couleur était bizarre ?
Malheureusement oui. Malheureusement oui. Je poussa un cri d'horreur alors que tout ceci me dégoulinait dessus. Cela était obligé d'arriver. J'aurais dû m'y attendre. Je portais toujours la poisse. Toutes les mauvaises choses arrivaient sur moi. Il fallait qu'il vomisse en plein cinéma. Mais en plus. Mais en plus qu'il vomisse SUR MOI. QU'IL VOMISSE SUR MOI. Comme l'expression le disait si bien, c'était la goutte qui débordait le vase. C'était la goutte de trop. S'en était trop. Je n'en pouvais plus. Mes mains se serrèrent pour former un poing qui serait bien allé droit dans le nez de Craig si j'aurais pu contrôler mes mouvements. Je continuai de crier alors que je levai les bras et fermai les yeux plus énervé que jamais. Je ne faisais même plus attention à lui. Il me dégoutait. Il me répugnait tout autant que ce vomi qui s'était collé sur moi tel une deuxième peau.
Tout le monde se tourna vers nous alors que je poussai mes cri d'hyène enragée. La plupart riaient. Si j'en étais pas le spectacle j'avoue que cette scène aurait pu être amusante. Mais là non. Certainement pas. Je me contentais de les fusiller du regard mais cela ne cessa pas leur rire pour autant. Moi qui détestait être le centre d'attention tout ceci était affreusement réussi. Affreusement. Je n'avais jamais vécue pareille honte mais j'étais tellement rouge dû à la rage que je ressentais envers une certaine personne que je ne m'en préoccupais pas. Je regardai Craig, horrifié prête à lui foutre mon poing dans la face. Mais je préférai me détourner. Il murmura mon prénom d'un air désolé, il le murmura même plusieurs fois mais je l'ignora. Je me levai. Mon jean me collait. J'avais un mal affreux à mettre un pied devant l'autre. Je levai mes bras en l'air trop dégoûtée. Craig me suivait à la trace jusqu'au toilette où je lui claquai la porte au nez d'un regard menaçant. Il n'insista pas jusqu'à ce que je réapparaisse une demi-heure plus tard.
J'en sortis les yeux rouges. Je ne sais pas exactement pourquoi j'avais pleuré. Peut être était-ce la rage. Ou la honte. Ou un mixte des deux. Tout ce que je savais été que je ne me sentais toujours pas mieux. J'avais tenté de me nettoyer un maximum mais les toilettes d'un cinéma n'étaient pas très fonctionnelles. J'avais même essayé de me laver les cheveux dans le lavabo mais sans succès. Craig m'attendait à la porte, je l'ouvris, le regarda avec éc½urement et continuai mon chemin vers la sortie. Je sentis les regards sur moi. Il ne fallait pas s'étonner. Ce n'ait pas tous les jours qu'on croise une fille couverte d'un liquide visqueux qui porte soupçon, les cheveux en bataille et emmêlé. Je les ignorai et continuais mon chemin. Craig courus derrière moi, me rattrapa et m'arrêta me prenant de ses deux mains mes épaules.
«Théadora ... Je t'en prie! Laisse moi te raccompagner»
Je me dégageai et continuai mon chemin tout en lui répliquant sèchement.
«Tu sais quoi Craig ? Fiche moi la paix ! Je crois que tu en a fais bien assez pour aujourd'hui, non ?»
«Explique-moi comment tu va rentrer ?»
«J'en sais strictement rien mais j'accepterai toutes les propositions possibles mais je ne préfère même pas envisager de rentrer avec toi.»
«Ne sois pas stupide ... Je te dépose juste chez toi. Je ne t'embêterais pas.»
Je portai le regard vers lui. Il avait l'air sincère. De toute manière, je n'avais vraiment aucun moyen de rentrer et j'avais oublié mon portable chez moi. Une mauvaise odeur arriva à mes narines. Était-ce la mienne ? Sentais-je si mauvais ? J'avais à nouveau cette envie de vomir qui montait dans ma gorge... Je me bouchai le nez et hochai la tête d'un air résignée.
«J'accepte. Mais tu me déposes juste chez moi! Rien de plus.»
«Que veux-tu que je fasse de toute manière ?»
«Je ne sais pas. Fourrer ta langue dans ma bouche sans mon autorisation par exemple!»
J'étais furieuse et le mot était faible. Il l'avait sans doute remarqué avec ma dernière réplique mais ne la souligna pas. Je sentais qu'il était vexé mais j'étais bien trop fière pour m'excuser. Il avait à présent que je n'avais pas apprécié.
Il m'ignora et m'emmena à sa voiture où il m'y installa.
Craig s'excusa des millions de fois durant le trajet du retour mais je ne voulais strictement rien entendre. Tout était déjà assez compliqué comme ça ... Je lui répliquai sèchement de se taire et il obéit. Le reste du trajet se fit dans le silence. J'avais tout de même apprécier le fait qu'il n'ait pas rigolé. Je connais certains garçons qui l'aurait fait. Et ça, je trouve que c'est encore pire que les millions d'excuses qu'il a réussi à me sortir en trois minutes chrono. Craig pouvait être terriblement énervant à la fin et j'avais l'impression qu'il allait me courir après chaque jour au lycée jusqu'au moment où je lui pardonnerais ce qu'il m'avait fait. Je serai prête à le faire juste pour qu'il me laisse tranquille pour l'éternité. Que Craig Edwards ne vienne plus jamais me parler ... Plus jamais. Et ces mots étaient gravés dans la pierre.
Vous connaissez la suite, je vous l'ai déjà raconté. Il me raccompagna chez moi et partit. Je fus enfin libérée de sa diabolique emprise.
Je suis rentrée chez moi priant pour que ma mère ne soit pas encore rentrée ou qu'elle soit endormi. Je ne voulais pas qu'elle me trouve dans cet état-là car je savais très bien que j'aurais le droit à un millier de questions de sa part ce que je ne pouvais supporter dans l'humeur où je me trouvais en ce moment. Je ne sais pas combien de temps je restai dans mon bain ce soir-là mais un moment pour sûr. Le temps d'enlever toute cette crasse.
Revenir dans ma chambre me faisait repenser à Aaron. J'avais dû mal à croire qu'il se trouvait encore ici quelques heures plus tôt. Avais-je rêvé ? Était-il vraiment venu ? Était-ce un tour de mon imagination ? J'espérais que non. J'espérais simplement que non. Et j'espérais que je le reverrais ...
L'espoir était suffisant pour me tenir en vie. Ma vie n'était faite que de cela. Elle n'était faite que d'espoir. Pour le moment.

# Posté le dimanche 03 février 2008 10:46

Modifié le vendredi 13 février 2009 07:50